Jour 9

8h Je me lève. Il nous reste deux jours pour attraper notre avion. Stéphane a fait un point téléphone (il passe ici, mais il a aussi un téléphone satellite comme dans un James Bond) avec "la base". Nous devrions avoir une fenêtre météo en fin de matinée: Le vent devrait se calmer et nous permettre de commencer le voyage du retour. Au pire, le bateau qui nous a amené le premier jour sera dérouté demain soir si nous sommes toujours coincés ici. Notre avion décolle apres demain à 4h du mat.

9h30 Nous démontons donc le camp et rechargeons les kayaks pour la "dernière fois".  Les réglages de gouvernes sont vérifiés une dernière fois en anticipation d'un trajet de retour long et... long! Nous gardons seulement la tente mess montée histoire de 

11h30 Nous retournons tous au point de vue sur l'entrée du Fjord car le vent ne semble pas vraiment calmé pour le moment. Stéphane est dubitatif mais nous ne pouvons pas vraiment nous permettre de rater le créneau méteo.

Nous retournons au camp, prenons un repas rapide. L'ambiance est au "on va en chier", même stephane trouve que son dernier raid de la saison commence a s'étirer....

14h Nous "décollons".

Nous traversons la "crique" sans encombre: Nous sommes à l'abrit du vent. Nous débouchons dans le Fjord. Nous devons traverser le Fjord de Nord en Sud le plus rapidement pour changer de rive au plus court.  Le vent est Ouest-Est et il ne s'est pas spécialement calmé. Nous ne pouvons pas traverser directement dans ces conditions car les Kayaks tiennent très mal le roulis. Stéphane nous fait donc prendre un cap quasi vent de face. Ca bouge, beaucoup trop à mon goût. Au bout d'une demi heure c'est le but, nous faisons demi tour. J'ai les bras en feu!!!

Nous retournons donc à notre chere plage. Le retour est rapide car nous somme cette fois vent arrière. Je suis partagé entre le sentiment d'échec et le fait de n'être pas passé à l'eau.... Le calme de la crique contraste étrangement avec le vent dans le Fjord.

Nous n'avons plus qu'à attendre encore une journée pour le que bateau vienne nous chercher. C'est la fin  de l'épopée. Certain "arrosent" ça en testant l'étanchéité des combis. Nous vidons les kayak de l'eau embarquée malgrès les jupes.

17h. Nous remontons le camp. Nous aurons encore une nuit et une journée à passer ici. Stéphane s'isole et appelle son boss pour lui dire qu'on a pris un but. 

19h, le camp est monté et nous nous retrouvons sous la tente mess pour casser la croute. Stéphane nous rejoint.  Il n'a pas l'air jouaille:

Son boss lui a certifié que le vent va tomber sur tous les Fjord cette nuit. (affreter un bateau pour venir nous récupérer coûte cher aussi!). On va donc refaire une tentative dans quelque heures.... Les tentes sont montées donc on va dormir deux heure et repartir sur le coup des 23h. On frole la rebelion!!!! Tout le monde y va de son avis sur l'organisation,... Il faut tout le calme de Stéphane pour nous faire entendre raison (celle de son boss en fait). Il n'est guèrre plus enchanté que nous à l'idée de repartir. Il se propose de recharger les kayaks (bouffe, matos,...) pendant que nous ferons notre nuit (de 2 heures) avant le départ.

Je file un coup de main après le repas et me couche une heure.

Jour 10

23h. Lever!!!!, la nuit a duré un heure. Nous finissons de charger les kayaks.

24h Nous repartons. C'est la deuxième tentative de la journée, environ 45 kms nous attendent, entre 20.000 et 100.000 coups de paguée en fonction du vent.... Stéphane pense que c'est jouable. Sinon on posera un camp à l'arrache et on attendra le bateau au plus pres de Longyearbyen.

Nous repassons la pointe qui protège la crique. Bonne surprise, le vent est en effet tombé et nous l'avons même dans le dos pour traverser le fjord. Il fait beau et froid. Le vent nous pousse.

3h30 Nous faisons un première pause. Cela fait un petit moment que Stéphane cherche un coin potable pour que l'on puisse accoster. Nous sommes vent arrière et le vent est suffisament fort pour remplir nos kayaks lorsque nous repartirons (le temps de remettre les jupes). Le choix de la plage pour s'arreter est donc "critique".

Je suis aux gouvernes et j'accoste 2 metres à gauche de Stéphane. Jacques sort du kayac avec de l'eau aux mollets, la pointe du kayak est sur le sable. Je descend à mon tour,... Je n'ai pas pied!!!!, je manque de retourner le kayak au passage. Je teste l'étanchéité de ma combi pour la première fois et rejoint la plage sans difficulté, entre l'air emprisonné dans la combi et le gillet la flotaison est excellente.

Nous mangeons rapidement une soupe chaude, nous prenons vite froid des que nous ne pagayons plus. Nous prenons en particulier tous une onglée. Je trouve rapidement une utilisation non répertoriée aux braguettes sur dimensionnées des combis. La téchnique fait des émules.

4h30, nous longeons les falaises de Diabasodden célèbre (dans le coin!) pour leurs colonnies de piaf (je sais c'est pas des piafs mais j'ai pas écouté les explications....)

Le vent nous pousse. Nous refaisons le trajet fait le premier jour en bateau. La météo est pafaite, le soleil nous accompagne tout au long du long, long trajet.

9h. Nous arrivons à l'embouchure du Fjord de Longyearbyen. La mer est d'encre.

10h Nous faisons une dernière pause casse-croute avant de traverser le fjord Nous sommes face à Longyearbyen. C'est la dernière ligne droite.

Nous entamons la traversée.

Le vent se lève au milieu de la traversée. Il soufle et nous le prenons de travers. Nous sommes obligés de rectifier la trajectoire pour le prendre de face. La derniere ligne droite vire au combat de rue.... Il faut lutter car pas question de faire demi-tour.

11h30 Nous débarquons enfin.

Nous nous sommes ramenés à bon port ainsi que les Kayaks. Le boss nous attend, il a l'air assez speed, nous faisons des tas avec le matos afin que rien ne soit perdu.

Nous retournons au gite et prenons un repas avec de la verdure et de la viande pour la première fois depuis 10 jours. Bon point pour le repas mais mauvais point pour l'organisation: nous n'avons plus de chambre et nous nous entassons donc dans le "salon" pour la fin de l'apres-midi. Notre avion décolle à 4 heures du mat'. Une chambre digne de ce nom aurait été la bien venue!

Nous faisons un resto en soirée et reprenons l'avion pour un retour à la civilisation.

(Je sais je sais pas finir les histoires....)

JM Volle Nov 2007